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La NEAT et la prise de graisse : ce qu’a révélé une étude majeure de 1999

Seize personnes, le même surplus calorique, une prise de graisse qui varie d’un facteur dix. Une étude de 1999 montre que la NEAT, le mouvement hors séances, explique l’essentiel.

Rhianna 4min de lecture 05/10/2026

Pourquoi, soumis au même excédent calorique, certaines personnes stockent-elles dix fois plus de graisse que d’autres ? Cette question est au centre d’une étude publiée en 1999 dans la revue Science par Levine, Eberhardt et Jensen. Seize adultes non obèses ont été suralimentés de 1 000 kilocalories par jour pendant huit semaines. Les chercheurs ont suivi la prise de masse grasse et maigre par absorptiométrie (DXA), la dépense énergétique totale par eau doublement marquée et l’activité physique de chaque participant tout au long du protocole. L’excédent calorique était identique pour tous. Les résultats, eux, ne l’étaient pas. La prise de graisse a varié de 0,4 kg à 4,2 kg, soit un facteur dix, à partir du même surplus alimentaire. La variable qui a le mieux expliqué cet écart n’est ni le métabolisme de base ni l’exercice intentionnel : c’est la NEAT (non-exercise activity thermogenesis), soit l’énergie dépensée à travers tous les petits mouvements du quotidien en dehors du sport.

Ce que le protocole a mesuré

Le cadre expérimental était rigoureux. Chaque participant consommait 1 000 kilocalories de plus que ses besoins d’entretien pendant huit semaines consécutives, de manière constante. L’équipe de recherche a utilisé l’absorptiométrie DXA pour mesurer les variations de masse grasse et maigre, la méthode de l’eau doublement marquée pour quantifier la dépense énergétique journalière totale, et un suivi de l’activité physique tout au long de l’étude. Ce dispositif permettait d’isoler trois composantes distinctes de la dépense : le métabolisme de repos, le coût énergétique de l’exercice intentionnel, et la NEAT, plutôt que de les regrouper dans un indicateur d’activité unique.

Un facteur dix pour le même surplus calorique

L’amplitude de variation de la prise de graisse était frappante. Certains participants n’ont stocké que 0,4 kg de graisse sur huit semaines, malgré un excédent de 56 000 kilocalories au total. D’autres en ont stocké 4,2 kg à partir du même apport. La variable qui distinguait le mieux les deux groupes n’était pas la vitesse de leur métabolisme de base ni leurs séances d’exercice : c’était le volume de mouvement incidentel accumulé tout au long de la journée.

Les réponses de NEAT dans l’étude ont varié entre -98 et +692 kilocalories par jour

Les participants dont le mouvement de fond était le plus élevé ont stocké nettement moins de graisse. La NEAT a expliqué les deux tiers de la variation totale de dépense énergétique observée dans le groupe.

La NEAT, qu’est-ce que c’est concrètement ?

La NEAT regroupe toutes les calories dépensées par des mouvements qui ne relèvent pas d’une séance d’entraînement structurée. Cela inclut :

  • Les micro-mouvements et ajustements posturaux
  • Le fait de rester debout et de se déplacer, pas seulement lors de promenades intentionnelles, mais dans tous les déplacements informels de la journée
  • Les tâches ménagères et les activités du quotidien
  • Le simple maintien d’une posture érigée pendant les heures d’éveil

Cela peut sembler négligeable. Pourtant, l’étude a montré que la NEAT expliquait les deux tiers de l’augmentation de la dépense énergétique totale parmi les participants. Pour les personnes dont la NEAT augmente naturellement face à un surplus calorique, l’organisme semble brûler spontanément une grande partie de l’excédent. Pour celles dont la NEAT reste basse, ce même surplus se stocke.

Ce que ça implique en dehors de la salle

Le constat ne remet pas en cause l’importance de l’entraînement en résistance et du cardio pour la composition corporelle. Ces pratiques restent essentielles, notamment pour la masse maigre qui protège le métabolisme et réduit le risque de reprise de graisse excessive après un déficit. Ce que l’étude met en évidence, c’est que la NEAT est une variable distincte et substantielle, qui se déroule en arrière-plan pendant les 16 heures ou plus de la journée qui ne correspondent pas à une séance sportive, et que la plupart des gens ne prennent pas en compte.

Quelques ajustements comportementaux simples pour augmenter la NEAT :

  • Prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur
  • Rester debout quand l’option existe
  • Marcher après les repas plutôt que de rester assis
  • Interrompre les longues périodes assises par quelques minutes de mouvement

Ces comportements se cumulent. Une personne qui augmente régulièrement son mouvement de fond de 500 kilocalories par jour sur huit semaines comblerait une grande partie de l’écart qui séparait les groupes « peu de graisse stockée » et « beaucoup de graisse stockée » dans cette étude, sans une seule séance d’entraînement supplémentaire.

Pour quiconque travaille sur sa recomposition corporelle sans obtenir les résultats attendus, il vaut la peine d’évaluer sa NEAT avant d’ajouter du volume d’entraînement. C’est souvent cette variable qui explique l’écart.

Référence : Levine JA, Eberhardt NL, Jensen MD. Role of nonexercise activity thermogenesis in resistance to obesity. Science. 1999;283(5399):212-4. PMID: 9880251.

Questions fréquentes

NEAT est l’acronyme de non-exercise activity thermogenesis, soit la thermogenèse liée à l’activité non sportive. Il s’agit de l’énergie que votre organisme dépense à travers tous les mouvements qui ne sont pas un entraînement structuré : remuer sur sa chaise, rester debout, se déplacer dans son logement, faire les tâches ménagères, ou simplement maintenir sa posture. La NEAT est très variable d’une personne à l’autre et, comme l’a montré l’étude de Levine et al., souvent plus déterminante pour le stockage de graisse que le métabolisme de repos ou les séances de sport.

Dans l’étude de Levine, Eberhardt et Jensen, les réponses de NEAT des 16 participants ont varié entre -98 et +692 kilocalories par jour sur huit semaines de suralimentation. C’est un écart de près de 800 kilocalories au sein du même groupe, soit l’équivalent d’un repas complet. Cette variation est le principal facteur qui explique la prise de graisse dix fois plus importante chez certains que chez d’autres, malgré un surplus calorique identique pour tous.

Les deux à la fois. Une part de la NEAT est déterminée par des tendances physiques inconscientes (la propension à remuer, à rester debout) qui diffèrent d’une personne à l’autre. Mais une part significative dépend de choix délibérés : prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur, se lever régulièrement, marcher après les repas, interrompre les longues périodes assises. Accumulés sur une journée entière, ces petits ajustements peuvent modifier sensiblement la dépense énergétique totale, sans ajouter une seule séance d’entraînement.

Non. L’entraînement en résistance fournit un stimulus pour la croissance musculaire et la préservation de la masse maigre que la NEAT ne peut pas reproduire. Ce que la recherche montre, c’est que la NEAT et le sport sont deux variables distinctes qui agissent toutes deux sur la composition corporelle. Pour une personne sédentaire, améliorer sa NEAT est souvent le levier le plus accessible, mais il fonctionne mieux en complément d’un programme de musculation, non à sa place.

En partie parce qu’elle est difficile à observer et à quantifier, contrairement aux séances de sport ou aux journaux alimentaires. La plupart des conseils en matière de composition corporelle portent sur les variables planifiées : quoi manger, quand s’entraîner. La NEAT, elle, relève du comportement de fond. L’étude de 1999 est un correctif utile : elle a montré directement que le mouvement non planifié du reste de la journée expliquait bien mieux les différences de prise de graisse que les séances d’exercice intentionnel.

Rédigé par

Rhianna

Co-fondatrice et coach principale, Elevate Fitness and Nutrition

Six ans dans le secteur de la santé. Diplômée en sciences de l’exercice et nutritionniste reconnue au niveau national en Australie.

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